Yves-Marie PERON, né en 1939, est parti le 17 octobre 2021


 

 
74 petit, faille bleue
 
P2RON N1B

« Yves-Marie Péron n’est pas venu à la mer par hasard. Né à Brest en 1939, si le milieu familial le pousse à observer et à peindre, la cité du Ponant reste présente à côté, sauvage, tourmentée par le vent. Un port prépare à des retours : Péron monte à Paris, fait les Arts Appliqués et quand il revient pour une première exposition en 1973 chez Saluden, il est encore essentiellement figuratif. Ce n’est qu’à partir de 1982, et de son passage à la galerie Nan Stern, qu’il commence à glisser ses propres moments d’émotion vers une abstraction poétique, « sorte d’hymne à la lumière et au temps qui interpénètre la matière d’eau, d’air et de roche ». Il se fait connaître en Norvège, en Suède, retrouve sa rade en 1992. Il vit maintenant entre Brest et Ouessant.

Son parcours l’a dégagé des apports successifs et ce « contemporain » à maintenant une note personnelle à chanter. René Le Bihan a dit avec justesse que les toiles de Yves-Marie Péron, issue des paysagistes abstraits, donnaient encore « le souvenir du réel ». Tout le reste n’est que charge d’émotions, « longue suite de formes et de rythmes courant vers l’infini ».

Dans son œuvre on trouve une constante : l’attention portée au tracé de la ligne. « Laisser rêver une ligne… donner à celle-ci sa pleine liberté et du même coup, offrir la liberté à celui qui la suit du regard. »

Yves-Marie Péron est à l’aise dans les grands formats, dans les gris, les gris-bleu : couleurs froides, celle du vent dans un univers minéral. Peut-être le travail en atelier amplifie-t-il l’impression de distance : cette peinture-là a besoin d’être vue de loin. C’est un paysage qui se dégage après une brume : on finit par y voir des roches, des falaises mais quelque part enfin une petite échappée, une petite lueur. Malgré tout, comme quand on est seul sur la falaise, on ressent l’angoisse intérieure d’être au bord du gouffre. Les acryliques d’Yves-Marie Péron forcent à regarder et à porter un regard différent. »

Louis-Pierre Le Maitre « Le progrès-Le courrier » 6 mars 2004


 

Encore et toujours au mur : RIVIERE & GUILLERON

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